Les pronominaux ont tendance à tirer sur l’accord
Quand c’est passé, c’est pas simple
Faut-il mettre un “s” après ce “se” ? Pour bien accorder un verbe pronominal, il y a intérêt à réfléchir…
C’est le genre de petite perversité que l’on apprend enfant, mais que l’on oublie facilement en chemin… Il est vrai que le sujet est complexe et les exceptions, la règle ! N’est-il pas vrai que dans participe passé des verbes pronominaux, il y a plusieurs gros mots ? Et puis d’abord, c’est quoi, déjà, un verbe pronominal ? Il s’agit de tous ces verbes précédés d’un pronom et qui ont un sens réfléchi ou réciproque : par exemple, elle se lave ou ils se rencontrent. Au présent, aucune faute n’est vraiment possible mais qu’en est-il au participe passé ? Pour les treize verbes qui suivent, le participe passé est toujours invariable : se complaire, se déplaire, se mentir, se nuire, se parler, se plaire, se ressembler, se rire de, se sourire, se succéder, se suffire, se survivre, s’en vouloir. On écrit donc : ils se sont succédé, elle s’en est voulu ou ils se sont parlé. Et oui ! Treize verbes à apprendre par cœur… Si ce n’est pas un bon exercice pour repousser la venue d’Alzheimer, ça ? Et puis, par rapport à ce qui suit, franchement, c’est de la rigolade. Les choses se corsent en effet pour les autres verbes. Mais plutôt que de résumer des règles totalement absconses, voici quelques exemples concrets. On écrit en effet : ils se sont battus dans la cour mais ils se sont donné des gifles, elle s’est blessée au pied mais elle s’est blessé le pied droit… Attention, enfin, on écrit elle s’est laissée mourir mais elle s’est laissé prendre (sous-entendu par la police). En résumé, méfiez-vous lorsqu’un pronom se balade devant le verbe. L’air de rien, il a la fâcheuse manie de semer la zizanie…