Quand les sujets sont supérieurs en nombre
Ce pluriel est vraiment singulier…
Lorsque certains sujets bombent le torse pour se donner de l’importance, tous les verbes ne se laissent pas impressionner… Faut-il donc jouer l’unité ou préférer un gauche pluriel ? Explications.
Et si l’on révisait nos fondamentaux ? Êtes-vous en effet toujours au point sur l’accord du verbe et du sujet ? Vous connaissez, bien sûr, la règle qui veut que le verbe s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Trop facile ? Pourtant, toi qui m’écoutes (en fait, tu me lis, mais la démonstration est moins évidente), tu sais que simplicité et grammaire font deux. Est-ce en effet toujours évident de conjuguer un verbe lorsqu’on ne sait pas vraiment si le sujet est au pluriel ou au singulier ? Bien sûr que c’est possible ! À votre avis, après la plupart de, les trois quarts, la moitié, toute sorte de, ainsi que, comme, un(e) des… le verbe se conjugue-t-il au singulier ou au pluriel ? Ah ! On fait moins les malins, n’est-ce pas ? Lorsque deux sujets sont joints par ainsi que, comme, de même que, avec une valeur comparative, c’est le premier sujet qui règle l’accord : son poids, autant que sa taille, est un plaisir pour l’œil. En revanche, si la conjonction a la valeur de et, le verbe s’accorde bien sûr avec les deux sujets : la santé comme l’argent sont nécessaires au bonheur. Qui oserait dire le contraire ? Quant aux sujets joints par ou ou par ni, ils s’accordent au singulier ou au pluriel… Ni l’un ni l’autre ne sont idiots mais ni François ni Catherine ne sera président de la République. Nous sommes d’accord, c’est fort dommage… Je vous passe aussi l’explication qui est un peu compliquée. Il faut aussi savoir qu’un verbe qui a plusieurs sujets s’accorde avec le plus proche : le courage, la persévérance de cet ouvrier plaît… Quand deux infinitifs expriment une seule idée, le verbe est au singulier : recommencer et se corriger est la base de la réussite… Sinon, c’est au pluriel : chanter et danser sont un plaisir. Après la plupart de, le verbe s’accorde avec le complément (toujours au pluriel) : la plupart des syndics sont des escrocs. Après un(e) de, il faut être vigilant : on écrit en effet une des étoiles qui brillent (car ce sont les étoiles qui brillent) mais une des pommes de terre est pourrie (une seule pomme de terre est pourrie). Et on se dit que finalement les règles de grammaire le sont vraiment aussi parfois…